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Du
creuset du bijoutier d'où s'écoule le métal incandescent, à la parure
somptueuse rehaussant la beauté de la femme, il y a tout un univers de
traditions, de représentations symboliques, de techniques enseignées par le père
au fils, lequel devenant dépositaire de la connaissance la transmettra à son
tour.
Qu'ils soient amulettes, colliers,
pendentifs, croix d'Agadez, de Tahoua ou autres, bracelets, bagues, boucles
d'oreilles, les bijoux touareg en argent, sertis parfois de pierres semi-précieuses,
pouvant aussi être incrustés de bois d'ébène ou de cuivre, dans leur
originalité et leur beauté unique racontent par leurs dessins géométriques,
finement gravés, le mode de vie séculaire des hommes libres, habitants des
grands espaces désertiques du Sahara.
L'on y découvre, entre autres, le
puits et les troupeaux, qui y sont abreuvés, des petites dunes stylisées représentant
le chemin des caravanes, les sources d'eau chaude et d'eau froide évoquant un
village, des étoiles repères immuables dans le ciel du désert.
Au verso de chaque parure est
apposée une signature dans un alphabet appelé tifinagh, écriture à la fois
consonantique et pictographique, qui est enseignée par la femme à son enfant
en dessinant les lettres dans le sable du désert.
Dès l'aube de l'humanité
les bijoux ont toujours accompagné l'être humain, ils ont été et sont encore
représentation sociale, symbole sexuel, rite de passage, dot, amulette, pouvoir
d'achat, cependant ces parures touareg héritières d'une longue tradition sont
également, et comme partout dans le monde, des cadeaux appréciés, des bijoux
de fêtes, de mariage, de tous les jours et des gages d'amour.
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